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Le record de la traversée de l'Atlantique Nord

Francis Joyon dimanche au cap Lizard !
Après avoir franchi à New York la ligne de départ du parcours du record de la traversée de l'Atlantique Nord, mardi 11 juin 2013 à 9 heures et 12 minutes (heure GMT), c'est d'une voix toujours aussi étonnamment posée, venant d'un marin aux commandes de son maxi trimaran IDEC de 30 mètres lancé en permanence entre 25 et 30 noeuds, que Francis Joyon confirme les estimations d'arrivée envisagées à terre, à savoir un franchissement de la ligne d'arrivée sous le cap Lizard, à la pointe occidentale de la Cornouaille anglaise, dimanche en soirée.
Rappelons que pour battre le temps de référence établi en juillet 2008 par Thomas Coville sur son trimaran géant Sodebo, le maxi trimaran IDEC doit se présenter avant lundi matin 6 heures (heure française). Sans crier victoire tant l'exercice, à 1 200 milles de l'arrivée, demeure incertain, Francis Joyon, motivé comme jamais, sait disposer dans son placement par rapport à l'évolution du système dépressionnaire qu'il chevauche depuis New York de tous les arguments pour réussir son colossal pari, s'adjuger le seul des quatre grands records mythiques à la voile et en solitaire qui manque à son palmarès.
Francis Joyon s'est élancé mardi 11 juin 2013 au départ de New York pour le record de la traversée de l'Atlantique Nord. Francis Joyon sur son maxi trimaran IDEC navigue face à la skyline de New York lors de son départ pour le record de la traversée de l'Atlantique Nord.
Francis Joyon à bloc !
« Si je parviens à rester en avant de la dépression, je pense arriver dimanche soir à Lizard » : la problématique est limpide et Francis Joyon, imperméable aux chiffres du jour qui le placent toujours à 130 milles derrière son concurrent virtuel, n’a de pensée que pour le schéma gagnant qu’il a élaboré avec son complice Jean-Yves Bernot. La dépression maintient sa route et sa virulence dans le bon sens et dans les bonnes proportions, à Joyon d’en profiter !
La navigation à haut risque entreprise il y a un peu plus de 3 jours à New York va se poursuivre jusqu'au bout, avec son lot de dangers, d'incertitudes et de prises de risques. Dangers, car, ainsi que l'avoue lui-même Francis, « c'est parfois scabreux quand IDEC s'envole à plus de 30 noeuds sur la vague. Il me faut alors le freiner en choquant les écoutes, puis relancer pour ne pas perdre l'inertie... » Des manoeuvres que Francis répète inlassablement, et à chaque instant, au détriment du repos. « C'est là le sujet qui fâche à bord d'IDEC » s'amuse-t-il à dire « J'ai réussi à dormir une heure cette nuit, et c'est tout... ».
Vigilance et lucidité
Francis Joyon conserve pourtant au terme de trois jours et trois nuits de cette infernale routine, une impressionnante lucidité d'analyse quant à ses choix de route. A deux reprises hier, il s'est imposé le long et délicat exercice de l'empannage, afin de mieux se caler sur l'avant de la dépression. Un investissement dans la durée qui en dit long sur sa capacité à voir loin, et à ne pas céder à la tentation de la vitesse pour la vitesse.
« J'ai rallongé ma route depuis New York, et je dois à présent conserver une vitesse très élevée en avant du système, tout en mettant imperceptiblement du nord dans ma route » explique-t-il. Une stratégie que la dépression ne facilite pas encore, en imposant très probablement un nouveau recalage. « Je vais très probablement devoir à nouveau tirer un petit contrebord à 90° de la route » poursuit Francis, « J'aurais ensuite un bien meilleur angle au vent pour aller vite dans la bonne direction ».
Prises de risque, danger permanent... Francis Joyon mène sa tentative constamment sur le fil du rasoir et « Ce record tient à pas grand chose ; il faut faire un sans faute,... ».
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